Elle était à demi allongée sur le canapé. Des étoiles dans les yeux.
Nous avons bu le café…

 

Je lui ai demandé avec qui elle avait déjeuné mercredi. Elle a ri. Elle a dit qu’elle avait sa vie, que ça la regardait. J’ai insisté. Elle a refusé de répondre. Dis-le-moi ! Si tu ne dis rien c’est que tu as quelque chose à cacher ! Elle a répondu qu’elle n’avait rien à cacher et que si elle avait quelque chose à cacher justement elle n’allait pas me le dire, que je devais la prendre comme elle était ou pas du tout. Qu’elle ne supportait pas mes questions continuelles, que ça la fatiguait. Mais dis-le-moi bon sang, où étais-tu mercredi ? J’ai hurlé. Elle a crié que ça suffisait maintenant, qu’elle était contente à l’idée de me voir et que je gâchais tout comme d’habitude. J’ai envoyé valser les tasses de la table basse. Qu’est-ce que je suis pour toi, tu me prends pour quoi ? J’ai déchiré le livre sur le canapé. J’ai fait basculer par paquets les livres de sa bibliothèque, je les ai lancés sur le sol. Elle me regardait sans bouger, froide. Distante. Etouffé de rage, j’avais du mal à parler. Dis quelque chose ! Peut-être avait-elle envie de se jeter sur moi. Elle ne pouvait pas.

Elle m’a dit de partir, et tout de suite. Il y avait de la peur dans ses yeux

Je suis parti. Ma princesse, mon adorée. Est-elle assise sur son tapis ? Pleure-t-elle ? Ses beaux yeux rieurs et ses lèvres. Toujours prête à dire un mot pour rire. Ma princesse.

 Ce soir, elle ne sortira pas, elle ne dînera pas avec un autre.
J’ai emporté les roues de son fauteuil roulant.

(03/12/2005)